Article Mission Laïque Française : Etre philosophe ou voyou? Telle est la question…

Article complet Juin 2012 MLF, page 5

Etre philosophe ou voyou? Telle est la question..On le croise lors de ses cours au Lycée International de Boston ou pour l’UP (Université Populaire), soit en costume et cravate, soit en jogging gris, mais souvent avec son téléphone portable à l’oreille… car M. Olivier Saint-Vincent, professeur de philosophie, a beaucoup de cordes à son arc..Téléchargeons un peu de Platon…

Enfant, déjà les questions se bousculaient : Pourquoi la vie ? La mort ? Des questions qui restaient sans réponse. A l’âge de 17 ans, au Lycée Henri IV, comme tous les jeunes Français, il découvre la philosophie et c’est ce qui le décide à s’engager dans des études de Lettres Classiques : ces grands auteurs dont on lui parle, il a envie de les lire dans le texte original. Docteur en philosophie, diplômé de l’Université de la Sorbonne, il a écrit deux livres Le Manifeste du Philosophe Voyou et Les Maximes du Philosophe Voyou. Olivier Saint-Vincent nous explique avoir créé cette figure du philosophe voyou parce qu’il désirait réconcilier le corps et l’esprit, inventer une autre manière de voir la vie. Et il en appelle à ses souvenirs. Dans le milieu prestigieux de La Sorbonne où il fait ses études de philosophie, on ne peut pas dire qu’on aime le close-combat et inversement, dans une salle de sport, il est mal venu de se dire philosophe. « On ne sait plus quoi penser de vous… », ajoute-t-il avec un brin d’ironie. C’est contre ce clivage que s’élève Olivier Saint- Vincent. Et comme il veut que tout le monde ait accès à ses idées, il met ses cours sur podcasts. « Toucher n’importe qui, n’importe où », c’est son but, démocratiser la philosophie… Voilà pourquoi peut-être, il se lance dans la fondation de l’Université Populaire à Boston avec son ami et « maître » le Philosophe Michel Onfray, une université où on assiste gratuitement aux cours et où aucun diplôme n’est exigé pour s’inscrire.

Dans les rues d’Aix-en-Provence, c’est La guerre des boutons…

La philosophie, il adore, mais il a une autre passion, le close-combat, une technique qui s’est développée pendant la deuxième guerre mondiale. Ses principes sont simples : il faut réagir vite, être le plus efficace possible et combattre avec tous les moyens. Dans son enfance à Aix- en-Provence, il faut savoir donner des coups et en recevoir ! Avec son frère jumeau, Raphaël, il décide de se mettre à la boxe. Mais c’est à son grand-père, médecin dans l’armée et passionné de close-combat qu’il demande de lui enseigner quelques tactiques. Plus tard, les jumeaux Saint-Vincent fondent un club de close-combat. Quand on lui demande quel est le rapport entre le close- combat et la philosophie, il répond : « Dès que vous affirmez quelque chose, vous créez un territoire qui s’oppose à ceux qui pensent différemment de vous » et le combat commence avec les mots ou avec les gestes. Et puis, le sport, c’est aussi pour lui une façon d’évacuer les tensions, « une forme de thérapie» ! Tout le monde a une partie violente en soi. C’est peut-être pourquoi il a appelé son émission de radio ‘Les Tontons flingueurs’ d’après le titre du célèbre film de Georges Lautner avec des dialogues de Michel Audiard. Il y évoque l’actualité et il aime animer ses émissions tambour battant, avec des répliques à la mitraillette, même si parfois la polémique l’emporte… Et puis, ce sont souvent des amis qu’il invite !

« On a tous quelque chose d’intéressant à dire…

il suffit d’avoir la discipline de le faire ». Etre déterminé est une des valeurs les plus importantes pour réussir sa vie. Quand il écrit, Olivier Saint-Vincent s’attelle deux

heures par jour à sa table de travail. Pour son premier livre, Le philosophe-voyou, il ne voulait pas une œuvre trop longue afin qu’elle soit accessible à tous – toujours ce désir de démocratiser. Quand il lui semble avoir atteint son nombre de pages, il se livre alors à la relecture, « un travail de poète » ajoute-t-il en sens antique, celui qui fait. Car pendant six mois, il corrige son style, travaille les sonorités, cherche l’image juste en lisant son texte à voix haute, à la façon de Flaubert… Il a d’ailleurs mené beaucoup de projets avec son frère jumeau, Raphaël. « C’est mon alter ego », nous dit-il, et il ajoute, avec un sourire mystérieux : « Savez-vous que les jumeaux ont un langage à eux ? » Il partage tout avec Raphaël, même les livres qu’il écrit en rajoutant son nom comme co-auteur.

Vivre chaque jour comme si c’était le dernier.

Depuis la mort de sa mère quand il avait 9 ans, M. Saint- Vincent vit avec cette philosophie. Il a alors compris que tout était éphémère, et en particulier la vie. Et depuis, il ressent une « urgence de l’action ». Cela l’oblige à sacrifier beaucoup d’heures de sommeil (il dort seulement quatre heures par nuit). Il nous explique aussi que durant ses années d’études, il a travaillé intensément et que c’est comme un terreau qui lui apporte beaucoup aujourd’hui. S’il mène autant d’activités, c’est aussi peut-être par hommage filial. Quand on lui demande si ses parents ont eu de l’influence sur lui, il répond sans hésiter « Oui ! Bien sûr ! » mais il ajoute aussi que cet héritage que nous transmettent nos parents, il est de notre devoir de le faire fructifier, « de faire mieux que notre père » et non de le dilapider. Ses passions, il les rend toujours publiques et cherche à les vivre. Mis à part ce rêve de construire un gratte-ciel parce que les tours le font rêver… « J’aime l’idée de sublime » , dit-il, « ce qui est au-delà des frontières de ce que tu peux concevoir » en évoquant ses films préférés : Cyrano de Bergerac et Tous les matins du monde. Nous, nous retiendrons cette belle leçon de philosophie qu’il nous donne en disant « il faut faire ce qu’on veut quoiqu’il arrive et ne surtout pas avoir peur de le faire ».

Propos recueillis par l’équipe de rédaction de 5èmeA. Remerciements à M. Olivier Saint-Vincent

Olivier Saint-Vincent en quelques dates :

– 30 mai 1980 : il naît à Aix-en-Provence

– De 1995 à 1998 : il étudie au Lycée Henri IV, Paris

– 1998 : il s’engage dans des études de philosophie à l’Université Paris Sorbonne.

– 2001 : il fonde avec son frère la Fédération Nationale des Storyboarders Français

– 2005 : il entre au Lycée International de Boston comme professeur de philosophie

– 9 mars 2007 : il inaugure l’Université Populaire de Boston en compagnie de Michel Onfray

Notre environnement : – Ville de résidence : Boston

– Nombre d’habitants : 609 023

– Position administrative : Capitale du Massachusetts

– Pays : Etats-Unis

– Superficie du pays : 9 629 047 km2

– Nombre d’habitants : 309 659 000

– Nombre d’habitants du Massachussetts : 6 593 587

– Capitale des USA : Washington, D.C.

– Principales ressources des USA : pétrole, gaz, bois, agriculture, hautes technologies

Notre établissement scolaire :

– Dénomination exacte de l’établissement : Lycée International de Boston

– Nombre d’élèves : 569 élèves

– Niveaux d’enseignement : de la maternelle à la terminale

Adresse courriel « contact » fmanoukian@isbos.org Adresse du site internet de l’établissement : www.isbos.org

Notre équipe de rédaction :

– Nom et prénom du responsable : Manoukian, Florence

– Classe : 14 élèves de la 5ème A – Responsable : Nicolas Esteva

– Age moyen des élèves : 12 ans

Lycée International de Boston (isbos.org)

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