Michel Maffesoli

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Les premiers ouvrages de Michel Maffesoli datent de la fin des années 70 : dans un mouvement continu il analyse les changements qui conduisent de la société moderne structurée par la domination, la violence d’Etat, l’asservissement à des fins sans cesse reculées et le primat de la représentation à ce qui’il nommera pour la première fois, à la suite de J.F. Lyotard, la société postmoderne. (Le temps des tribus, 1988).

La sociologie de Michel Maffesoli est descriptive et non pas prescriptive et en ce sens il ne développe ni attitude critique, ni discours politique.

Il constate les invariants qui structurent l’imaginaire contemporain, s’inscrivant dans le sillon initié par son maître, Gilbert Durand.

Michel Maffesoli est un passionné des mots, de leur étymologie, de leur polysémie. Nombre des notions qu’il a ainsi « lancées » pour éclairer les comportements sociaux ont connu un succès correspondant à leur écho dans l’imaginaire collectif : le tribalisme, comme resurgissement des communautés à l’époque postmoderne est sans doute le plus connu, mais on peut citer bien d’autres occurrences : le nomadisme qui caractérise les jeunes génération, le primat du présent, de l’instant, l’importance de l’imaginaire, du rêve, un réenchantement du monde, mais également l’hédonisme (le dionysiaque), les émotions collectives, ce que l’on pourrait appeler une culture du sentiment commun.

La pensée de Michel Maffesoli ne prétend jamais donner de la réalité une représentation objective, encore moins chiffrée, il s’agit plutôt de nous livrer des clefs pour comprendre, pour être en quelque sorte de plain pied dans le présent. On a souvent l’impression en lisant des livres de Maffesoli de parcourir les rues de Paris ou de Sao Paolo, de Séoul ou de Mexico et de découvrir au coin de la rue ou sur la plage, les tribus urbaines, les effervescences populaires, le culte du corps et la versatilité des opinions qu’il décrit lui grâce à ses incursions dans les œuvres de Heidegger ou de Jung, de Saint Augustin ou de Joseph de Maistre.

Mais Michel Maffesoli a également consacré une partie de ses ouvrages à une réflexion épistémologique : comment rendre compte d’un donné social où la froide raison a laissé la place à l’intuition et ce qu’il nomme la raison sensible.

Enfin, quelques ouvrages moins universitaires sont consacrés à des phénomènes de l’actualité : les « icônes » postmodernes, les caractéristiques d’un homme politique représentatif de l’époque.

Ses derniers ouvrages , en particulier Homo Eroticus approfondissent sa réflexion de jeunesse et ancrent les constats sociologiques dans leur substrat philosophique, dégageant ainsi ce qu’on pourrait nommer les archétypes de l’imaginaire postmoderne.